dimanche 29 septembre 2013

CHINE : Le Yuan Renminbi par Loïc Le Roy


 Les taux de change peuvent jouer un rôle important dans les ventes de vins à l’exportation. Par exemple, en 2008, la valeur de l’euro a atteint des sommets face au dollar US et à la Livre Sterling. Résultat direct de cette évolution des taux de change, les acheteurs américains ont fortement diminué leurs achats sur le marché européen. Une autre conséquence est apparue sur le marché Nord Américain : tirant profit de cette situation, les vins australiens ont donc eu un avantage compétitif vers les Etats-Unis, avec un dollar valant 30% moins cher que l’euro. Dans une démarche similaire, les acheteurs britanniques se sont positionnés sur des vins hors de la zone euro.

La Chine a connue quant à elle de grands bouleversements au cours des dernières décennies. De 1978 à 1989, le gouvernement chinois a réformé en profondeur l’économie du pays, la faisant passer d’une « économie planifiée » de type soviétique à un « socialisme de marché » qui l’a transformé en « atelier du monde ». A partir de 1992, l'Empire du Milieu est entré dans une nouvelle ère de libéralisation économique.




Devant l’importance grandissante de la Chine dans le commerce mondial, la réglementation en matière d’opérations de change se sont assouplies. Jusqu’en 2008, les achats et les ventes de biens et services suivaient en général un circuit financier assez complexe : l’acheteur d’un produit chinois devait transformer sa monnaie d’origine en dollar US, nécessitant une commission de change ; puis il s’agissait ensuite de changer les dollars US en Yuan avec une nouvelle commission de change à régler.

En décembre 2008, les autorités chinoises ont décidé de permettre, à une échelle d’abord modeste, les règlements d’opérations commerciales en Yuan Renminbi (RMB) dans les régions limitrophes de la Chine  Continentale (Hong-Kong, Macao et pays appartenant à l’ASEAN).

Depuis, la réglementation a évoluée en permanence et l’utilisation du Yuan Renminbi a été élargie. Il est possible aujourd’hui de l’utiliser dans le cadre :

Des flux commerciaux en provenance et à destination de l’ensemble du territoire chinois vers tous les pays du monde dès qu’il s’agit d’opérations commerciales
Des opérations sur le marché des changes
Des flux non commerciaux pour les investissements et les opérations sur les marchés des capitaux

Dans cette nouvelle configuration, une seule opération de change est nécessaire de la monnaie d’origine au Yuan Renminbi ou inversement.
Prenons l’exmple d’un négociant français qui vend son vin en Chine. Il va se rapprocher de sa banque qui va se mettre en relation avec un établissement partenaire situé sur l’un des territoire limitrophe de la Chine. La transaction est directe entre le Yuan et l’Euro

Les opérations commerciales peuvent être documentées sous forme de
- Factures
- Crédits documentaires : engagement d’une banque de payer un montant défini au fournisseur d’une marchandise ou d’un service, contre la remise dans un délai déterminé, de documents prouvant que la marchandise a été expédiée ou que les prestations ou services ont été effectués
- Remises documentaires : la banque du vendeur recueille les sommes dues contre remise de documents (factures, chèques, billets à ordre
- Accord d’open account (nommé aussi open credit) :  la facture accompagnant les biens livrés précise le délai de règlement accordé à l’acheteur
- Garanties ( bid bonds, performance bonds)
- SBLC (Stand By Letter of Credit)

En Chine Continentale la banque du client chinois est chargée de procéder aux vérifications réglementaires relatives à la réalité de l’opération commerciale.



Biographie de l’auteur :
Loïc Le Roy est Bordelais. Après avoir suivi des études en marketing, techniques de commercialisation et exportation, il a travaillé une dizaine d’années en tant que responsable des ventes pour un groupe agro-alimentaire international, diffusant une large gamme de produits  destinés aux enseignes de la Grande Distribution. En 1989, Loïc s’oriente vers le coaching en efficacité personnelle auprès de capitaines d’industrie en Asie. A partir de 1994,  par le biais de dirigeants d’entreprises, il met en place des formations spécifiques en préparation psychologique destinées aux athlètes de haut niveau. Son attrait pour la performance humaine l’a amené à présenter en 2008 une thèse en Sciences du Sport à l’Université de Bordeaux intitulée : « La préparation psychologique du sportif : l’esprit et la performance du Moyen Age à nos jours ».
Dès 1999, enseigne dans plusieurs écoles de commerce le management des unités commerciales, la communication et le marketing du vin. 
Depuis 2014, il s'est spécialisé en "psychologie de la dégustation des vins et spiritueux" ; l'objectif étant d'aider les participants à mieux comprendre, appréhender et gérer les processus perceptifs et émotionnels à l'oeuvre au cours des dégustations.